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BIEN CHOISIR SES ÉQUIPIERS : CABOTAGE OU HAUTURIER ? PAS TOUJOURS FACILE DE TROUVER L’HARMONIE !

Ce n’est pas le même profil et une expérience réussie avec un équipier en cabotage peut s’avérer désastreuse en hauturier. Ce que nous allons voir plus bas.
Voici contée l’expérience d’un skipper retraité de 65 ans qui utilise avec succès les bourses d’équipiers depuis 30 ans en cabotage de France inter à Vogavecmoi, mais essuie 3 échecs successifs en hauturier.

Marcel souhaitait faire la transat aller et retour à 3 personnes pour avoir plus de sommeil pendant les quarts de nuit.

Transat aller des Canaries aux Cap vert (10 j): Échec
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Pierre, retraité équipier confirmé en côtier, souhaite s’initier à la navigation hauturière, il me contacte via le site Vogavecmoi. Après 3 jours de croisière à l’essai en Bretagne plutôt concluant, il rejoint Marcel et sa compagne au sud du Portugal pour un itinéraire qui prévoit de passer par Madère, les Canaries, le Cap vert et les Grenadines.
Après quelques changements de voile un peu raté (passage du génois à la trinquette sans enrouleur aux Canaries par 25/30 nœuds puis empannage intempestif, Paul s’amarine et l’équipage enfin rôdé semble être en harmonie dans la descente des Canaries au Cap vert.
Mais arrivé au Cap Vert, Paul refuse de donner son passeport aux douanes et nous quitte brutalement, nous ne sommes plus que deux pour les quarts de la transat. Que s’est-il passé ? Quelles erreurs ont été commises ?
1. Les conditions de vent pour la descente au Cap vert étaient sévères (37 nœuds) et Paul était plus habitué à louer un bateau en cabotage par 20 nœuds en méditerranée l’été. Il vomissait dès que la mer était forte. Paula-t-il pris peur ?
2. Paul avait une date butée de retour en France qu’il nous avait caché, nous avons pris du retard et il s’est vu contraint d’abandonner avant la partie Cap vert/Guadeloupe.

Transat retour de Cuba aux Açores (30 J): Échec
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Deux équipiers sont arrivés par avion pour cette transat retour. L’un Maurice excellent marin quinquagénaire ayant déjà effectué 7 transats dont plusieurs en solitaire, l’autre Jean de 68 ans propriétaire d’un bateau de 30 pieds qui souhaitait vivre une transat et s’était engagé jusqu’au retour sur le continent.
J’avais effectué 3 jours d’essai avec Jean et Paul avant mon départ en cabotage, tout était presque ok, juste que Jean ne souhaitait pas la présence de Paul au retour.
L’avitaillement à Cuba est particulièrement difficile et on ne trouve que les produits de première nécessité (Ex : pas de confit de canard et viande de bœuf).
Nous embarquons 300 litres d’eau et 150 litres de gasoil.
De Cuba aux Bermudes (10 jours), tout va bien au niveau ambiance, à part une sérieuse brûlure de Maurice qui aurait pu être mortelle par une méduse portugaise lors d’un bain au large. Il faut bien réfléchir avant de se baigner ! mais je ne lui ai pas interdit de le faire non plus.
Première tension : Dans un premier temps, un couloir à dépression nous apporte des conditions musclées et nous ne sommes pas en phase sur le suivi des conseils du routeur qui nous suggère une route plus à l’est et l’expérience de Maurice qui veux aller plus au Nord .
Dans les faits, Maurice de par son expérience voudrait être le skipper, faire une route plus au nord et préfère les navigations en solitaire, il n’hésite pas à sur toiler le bateau, ce qui n’est pas ma vue des choses. La Grand voile puis le génois se déchirent .On se retrouve avec 2 vues et 2 capitaines sur le bateau !
Il se permet même de noter comme un inspecteur du permis de conduire mes arrivées de ponton, moi qui navigue sur mon propre bateau depuis l'âge de 14 ans
Jean plus âgé que moi est très vite fatigué par les quarts de nuit et me signifie sans préavis arrivé au Acores que pour le retour des Açores vers le continent, il faudra me débrouiller tout seul, il n’est plus candidat !
Une vingtaine de jours après le départ de Cuba, nous restons encalminés 5 jours dans la pétole, les réserves de gasoil sont presque épuisées (nous n’avions que 4 jours d’autonomie), celles d’avitaillement se réduisent à manger essentiellement des pâtes et du riz, l’ambiance se plombe, les reproches sur mon imprévoyance pleuvent. « Tu aurais dû commencer ton avitaillement à St Martin. Tu aurais dû prévoir au moins 8 jours d’autonomie en gasoil ».
Fin de la croisière plaisir !
Je n’avais pas encaissé la participation à la caisse de bord au départ et arrivé au Açores, Jean me fait des difficultés pour me régler en contestant le prix à la journée de 25 € pourtant convenu au départ.

Transat retour des Açores au continent : Ouf ! Nicolas un équipier extraordinaire m’accompagne.
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A Horta la demande d’équipiers est bien supérieure à l’offre, (à Las Palmas c’était le contraire) il reste donc Vogavecmoi et Radio ponton.
Nicolas, un jeune ingénieur de 28 ans récemment initié à la voile et curieux d’apprendre la navigation hauturière, me dit OK et m’évite une navigation retour de 10 jours en solitaire que je redoutais . En plein milieu de l’Atlantique, l’antenne VHF se décroche et il n’hésite pas à monter en haut du mât pour la revisser.
L’harmonie et la confiance pendant ces 10 jours sont telles que je lui prête mon bateau pendant 10 jours après l’arrivée.

Conclusion :
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-En hauturier le billet d’avion de l’équipier doit se prendre 3 jours avant d’arriver au but via un complice à terre et un tel satellite, et non pas à l’embarquement il n’est d’ailleurs pas forcément plus cher avec les comparateurs de prix.
Le versement de la participation à la caisse de bord bateau à l’étranger se fait au plus tard le jour de l’embarquement et en liquide.C'est le meilleur contrat de confiance.
-Dans un couple naviguant en hauturier , l’équipier doit être choisi et testé en mer par le couple avant le départ, et pas uniquement par le skipper.
-Retraité, il ne faut pas embarquer quelqu'un de plus âgé que soi car il faut mieux une personne en meilleure forme physique que nous en cas de problème. Il est important de jeter un œil sur le CV nautique avant.
-Un candidat équipier déjà propriétaire de bateau et expérimenté a facilement tendance à vouloir gérer le bateau suivant ses propres habitudes et il est plus difficile à manager.
-En cas de défaillance d’un équipier, il est préférable d’avoir un plan B et d’avoir déjà navigué avec des équipiers éventuellement disponibles et qu’on peut appeler en urgence au cas où.

Le skipper Marcel vous est fidèle depuis 4 ans.

Posté le 16/11/2016 10:41:582110

Bonjour Marcel,

Merci pour avoir pris le temps de rédiger ce témoignage fort intéressant et instructif.
Sur les longues navigations, la part d'imprévue est tellement grande qu'il est difficile de conserver l'harmonie d'un équipage et que c'est une vraie problématique.
J'évoque comme toi déjà certains points dans ces deux articles :
La Caraïbe : le paradis de la co-navigation
Etre un équipier expérimenté atout ou handicap pour la co-navigation


Cela fait longtemps que j'ai le projet d'écrire dans le blog deux articles :
- Bien choisir ses équipiers pour un projet de transat
- Bien choisir son bateau et son capitaine pour un projet de transat.

Je m'inspirerais de ton expérience pour le premier article.

Posté le 16/11/2016 10:48:36

effectivement ce témoignage ouvre les yeux sur les pièges a éviter du coté skipper comme du coté équipier si on veut préserver l’harmonie à bord durant une transat.

Posté le 18/11/2016 16:46:48

C'est comme tenir 6 mois dans une station spatiale...

Posté le 19/11/2016 13:27:12

Bonjour Marcel ! Te souviens-tu que nous avions fait connaissance à ton bord, autour d'une bouteille de rhum, au ponton de Puerto Mogan (?) aux Canaries, en novembre 2014, juste avant une traversée (pour le bateau sur lequel j'étais équipière) vers le Cap Vert ? J'avais drôlement envie de changer d'embarquement car je commençais à ne plus apprécier mon capitaine ni son bateau, mais je m'étais engagée et n'avais pas de plan B . Inversement, j'avais trouvé ton épouse et toi vachement sympathiques et j'avais apprécié votre démonstration du winch avec une grosse perceuse et son adaptateur qui permettait de te hisser en haut du mat comme si vous aviez un winch électrique. Et puis, j'avais été très admirative de ton sauvetage d'équipiers tombés à l'eau relaté dans la rubrique "ça nous est arrivé" de Voiles et voiliers " quelques années auparavant. Mais avais-tu su que nous avions fait la traversée vers le Cap Vert sans dérive que nous avions perdu dès le départ des Canaries mais dont nous n'avons eu conscience qu'une fois inspectée la coque à Mindelo ? Cela aurait aurait pu être dramatique si nous n'avions pas eu un vent modéré de portant !
Comme quoi, embarquer un équipier compétent et sympathique est une nécessité pour un capitaine, mais difficile à évaluer sur une courte navigation d'essai, mais d'un autre côté, bien choisir son capitaine en tant qu'équipier n'est pas chose facile. On peut naviguer à la cool et dans la bonne humeur par temps calme et réaliser que le skipper perd son calme et n'est pas un grand marin dans le gros temps ! Et inversement !

Posté le 19/11/2016 15:00:14

Merci Marcel
En lisant ton témoignage j'ai eu l'impression de revivre certaines mésaventures qui me sont arrivées ces 10 dernières années ;
la première est une transat qui se passe bien jusqu'au cap vert...nous sommes trois à bord le propriétaire du bateau , un équipier pas trop amariné et ne connaissant rien à la voile mais avec un bon point c'est un excellent bricoleur et moi . du Cap vert nous traverserons en 14 jours et heureusement car au plein milieu de la traversée il pétera un câble deviendra très agressif , ne se levant que pour manger ...a l'arrivée en Martinique il disparaîtra comme un voleur et tant mieux car c'est moi qui devenait agressif .
La seconde : en 201o j’achète un bateau pour faire le tour de méditerranée . A part 2/4 ami qui veulent bien me suivre de temps en temps je n'ai pas d'équipiers . je fais appel à Vogueavccmoi ; j'ai beaucoups de réponses en fait 10 viendront la première année.. sur ces 10 2 seront débarqués; 3 ne reviendront jamais ; et 5 sont devenus des amis qui reviendront à bord durant les quatre années de ce périple ...Pourquoi ? je pense qu'une grande partie de ces personnes n'ont jamais vécu longtemps une vie collective , dans un lieu privé .... d'autre part je faisais des étapes de 250 à 300 MN ce qui suppose des quarts de nuit et la certains se rebiffent sur un minimum de discipline qu'il faut avoir pour la sécurité de tous . ces années je les racontent dans un blog : balaou22.wordpress.com
bonne lecture

Posté le 20/11/2016 00:04:35

La partipation financière...., les équipières s en acquittent avec le sourire mais pour certains équipiers cela semble moins évident. J ai quelquefois l impression qu ils pensent que j ai besoin d un HOMME à bord .
Même quand à leur demande je donne des chiffres: place de port,assurance ,carénage et petit entretien .....ils quittent mon voilier avec de chaleureux remerciements et ...nada dans ma bourse .
Je ne sais pas tendre la main ...
Merci de me donner votre avis

Posté le 23/11/2016 02:15:43

Bonjour à tous,

Voici l'article promis, publié ce jour, qui s'intitule "Bien choisir ses équipiers pour réussir sa transat en voilier". Bonne lecture.

Posté le 24/01/2017 18:37:15

J'avais remarqué qu'il y a une grande frilosité à répondre aux demandes d'embarquement. Je commence à comprendre pourquoi au vu de ces quelques mésaventures. Ce qui serait sympathique si le profil ne semble pas convenir, ce serait au moins d'en faire part aux demandeurs. Et peut-être aussi de discuter. Certaines mises au point permettraient peut-être de clarifier les choses.

Posté le 25/01/2017 21:34:40
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NonOui