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récit convoyage printemps 2013

Navigation 26 avril 2013 - 6 mai 2013
J’ai pour habitude de dire lorsque je quitte le monde des terriens : il y a 3 sortes de d’hommes : les vivants, les morts et ceux qui vont sur l’eau. Le texte n’est pas de moi mais il me plait et colle parfaitement à ma philosophie de la navigation au large. Je crois que cette pensée appartient à un certain Platon, penseur écrivain, inconnu des plateaux de télévision, alors !!! .
J’ai eu la chance par le biais du site « vogue avec moi » de rencontrer un homme qui échappe à cette idée, Lars H., bon vivant à terre comme en mer. Nous avions rendez-vous au port de Catania en Sicile, ponton numéro 23 devant «  Happy days » beau bébé de 48 pieds vendredi 26 avril à 20 heures. Un peu en avance j’attends devant le bateau, malheureusement plus enivré par les odeurs de mazout du port que par l’air du Parrain chanté par Roberto Alagna. C’est vrai que Roberto est originaire de Syracuse et non de Catane !. De Lars , je ne connaissais que son visage vu sur Skype. J’imaginais un Varègue (viking), moustachu, barbu, d’ un mètre quatre-vingt-dix pour 120 kg. Erreur, notre capitaine surgi fringuant, alerte souriant, si j’osais je dirais presque français, langue qu’il maitrise parfaitement. Heureusement d’ailleurs, mon suédois se limitant à un mot : « TAC TAC » qui n’a rien à voir avec le tac tac français. Les salutations d’usage terminées, Lars me propose de quitter sur le champ ce port de M…. ou il n’y a rien à voir, sinon les rats se livrer bataille pour la possession d’un bout de quai huileux. La décision est adoptée et après le check sécurité, météo, visite du propriétaire, nous nous posons dans l’unique restaurant du port situé dans l’ancienne halle aux poissons. Lars a raison, ce port n’est vraiment pas agréable avec ses carcasses de bateaux rouillés, ses cargos en attente de réparations, ses containers et l’absence de toute vie. Je comprends Lars qui m’attend ici depuis 3 jours et qui n’a plus qu’une hâte, se casser ! .
A 22h30 nous appareillons, guidés dans l’obscurité de l’avant-port par la tablette Apple magique de Lars, un concentré de technologie à tout faire : mails, météo marine, cartes, cours de bourse et surtout Skype, l’antidote à la solitude du marin. On n’arrête pas le progrès, il ne manque à cette tablette qu’un réchaud pour faire le café ! . Après avoir dépassé la zone des barques de pêches et des chaluts, nous mettons cap à l’Est pour rejoindre le Sud Péloponnèse. Plus aucun obstacle devant nous, le radar veille et les plaisanciers ne sont pas nombreux en cette saison. Nous croiserons un seul voilier en 2 jours et 3 nuits de traversée.
Le 2eme jour au matin Lars m’apprend qu’il a reçu durant sa veille un SOS d’un bâtiment à 70 miles au Sud et qui était en train de couler. Il a proposé son aide, puis d’autres navires plus proches ont pris le relais. Nous apprendrons en arrivant à terre le lendemain qu’il s’agissait d’une collision entre 2 gros navires et qu’il y avait une dizaine de disparus. Il reste une sensation étrange d’avoir été à la fois trop loin pour agir mais si proche sur cette étendue d’eau commune.
Le dernier jour de traversée nous a offert une animation dont les marins sont friands, une escorte par des dauphins durant plusieurs minutes. L’occasion de nous émerveiller encore une fois comme des enfants devant ce spectacle extraordinaire que nous offre la nature et dont on ne se lasse jamais.
Voilà, tout est dit sur cette traversée, enfin presque tout, nous ne parlerons pas de nos apéros, du saint émilion( cher à Eric Tabarly, notre référence SVP) et de ces vins siciliens hauts en couleurs. Vous l’aurez compris Lars préfère le bon vin à l’eau et les cigarillos aux chewing-gums à la nicotine. Arrivés sur l’ile de Zachintos, nous nous offrons notre premier resto Grec et en prime une bonne nuit de sommeil. Le lendemain nous optons pour le contournement du Péloponnèse par le Sud.
Nous naviguons dans une pétole absolue, les voiles se reposent, mieux vaut ne pas les sortir, avec une telle absence de vent on pourrait même oublier de les rentrer en arrivant au port… . Le moteur et le bimini sont en action, il fait chaud, très chaud, le teck est brulant sous ce soleil de plomb. Quand je pense qu’à Paris on rallume les chauffages et que le centre de la France est inondé, c’est fou. Nous descendons doucement vers le Sud et plus nous avançons, plus il fait chaud. Mon suédois niçois de capitaine parle déjà de fuir cette zone pour des contrées plus fraiches ! il est vrai que les Vikings avaient un faible pour la Normandie… . Nous contournons peu à peu la presqu’ile au fil des mouillages plus calmes et sympas les uns que les autres.
Mais…, puisque les anecdotes croustillantes sont toujours les bienvenues, je vais vous raconter la rencontre d’un suédois honnête qui voulut un jour faire affaire avec un commerçant grec. !. Notre bras de pilote auto donnant des signes de fatigue nous avons fait appel à un mécano « local » dans un petit port « local », bref, en un lieu qui me faisait furieusement penser à une image du film Zorba le Grec avec Antony Quin. Après une heure d’attente, notre homme, notre sauveur arrive. Il faut dire qu’à 2 sans pilote auto, la croisière, les déjeuners pasta parmesan, les douceurs du vignoble et pauses cafés cigarillos auraient été moins cool. Notre mécanicien Sauveur monte à bord, les manches de sa chemise à carreaux en coton relevées, le visage buriné par le soleil grec, la barbe de 3 jours, le col largement déboutonné laissant s’épanouir une foret en désordre de poils frisés et grisonnants, les mains puissantes, les ongles courts et noirs, aucun doute, c’est un vrai de vrai, le roi mécano… on doit lui faire confiance !! . Le fait est, qu’en un tour de main, avec bien sur la pince adéquate et le savoir-faire du pro que nul n’oserait mettre en doute devant une telle assurance, notre homme répare notre bras de pilote.
Tout aurait pu s’arrêter là si notre bon Capitaine Lars, éternellement en quête d’améliorations pour son embarcation, n’avait pas eu la riche idée de changer son annexe et son moteur, et de s’ouvrir de son projet à notre sauveur : Zorba le mécano !!
L’affaire est menée tambour battant, les négociations vont bon train et le marché conclu par une chaude poignée de main qui fait chaud au cœur, la parole des hommes d’honneur. Une heure plus tard arrive sur le quai contre lequel nous sommes à couple, une vieille bagnole poussiéreuse recouverte d’une grande annexe zodiac tout aussi poussiéreuse. Je crois revivre une scène du grand bleu et m’attends à voir sortir Jean Réno de la guimbarde, criant : «  Roberto moi palma ». . Non, c’est bien Zorba le mécano qui s’avance vers nous, fier, le sourire carnassier,qui tend un bras vainqueur en direction de sa poubelle, et, d’un geste large désigne la belle et grande annexe. Puis, il nous présente le moteur Suziki flambant neuf qu’il démarre et éteint dans la seconde puisque le moteur est au sec. L’annexe par contre, nécessite un bon lavage à l’eau et au savon pour retrouver l’aspect d’une annexe digne d’être hissée sur le pont d’un bateau. La transaction est terminée, notre homme s’en va ne manquant pas de nous inonder de moult conseils et d’un paternel signe d’adieu.
Nous chargeons l’annexe à l’aide de la drisse de spi motorisée. Lars trouve son nouveau bébé un peu grand, c’est vrai qu’il n’est pas de première jeunesse !!!. Nous appareillons et visons une crique quelques dizaines de miles plus loin pour tester sa belle acquisition.
Une fois au mouillage dans une jolie baie, l’essai du matériel peut commencer. Mise à l’eau de l’annexe à l’aide de la drisse de spi (l’engin est trop lourd pour être manipulé à bras). « Elle est peut-être un peu grande, non ? » s’inquiète Lars.
« Mais non tu verras, une fois à l’eau elle te paraitra normale.. »
Première surprise, la coquine semble s’être un peu dégonflée depuis le départ ce midi et en plus elle laisse entrer de l’eau. On ne sait par où ? Pas sympa la copine !!! . Prudent, je conseille à Lars de reporter aux calendes grecques, dans des eaux moins profondes, l’essai moteur. Mon côté Roberto un peu laxiste ne l’emportera pas face à l’obstination méthodique et rigoureuse du suédois. Alors, dans un 2eme temps, on installe le moteur 4 cylindres qui pèse une tonne ! Il nous faut un effort herculéen et la bienveillance des dieux grecs pour atteindre sans accident la chaise et fixer l’animal sur ce rafiot à moitié gonflé. Je vous entends d’ici chers marins lecteurs nous dire « mais vous n’aviez qu’à regonfler l’annexe ». Malins que vous êtes, OUI nous y avons pensé, mais comme Zorba le mécano nous avait fourgué un gonfleur venu d’ailleurs… l’embout ne s’adaptait pas. Voilà !!!
L’homme de l’Art, Lars lance le 4 cylindres toujours flambant neuf qui cale à plusieurs reprises. Le moteur refuse de tourner plus de 15 secondes d’affilée malgré les nombreux essais et l’extrême dextérité de Lars au maniement du starter. Ce moteur est peut-être trop neuf. Le rodage s’effectue peut être par tranches de 15 secondes pour ne pas l’abimer. Peut-être n’avons-nous pas bien compris les nombreuses recommandations de Zorba le M…. .QUIZAS ,QUIZAS,QUIZAS…. .
Pendant ce temps, l’annexe peu soucieuse de nos interrogations continue tranquillement à se remplir d’eau. Je ne sais plus s’il faut en rire ou pleurer. Vu de la jupe du bateau, la bouée couronne à portée de main (au cas où…), le spectacle que m’offre mon Capitaine est déchirant (je n’ose pas dire désopilant). – Lars, la casquette kaki militaire vissée sur la tête, les bras ballants et les fesses quasiment dans l’eau du fait du boudin dégonflé, me lance avec le regard dépité d’un gamin à qui on vient de casser son jouet : «  Je crois que je me suis fait rouler Bob !!.
Heureusement, comme dans Asterix , tout se terminera bien et le lendemain après une bonne vérification, nous utiliserons annexe et moteur pour aller à terre fêter l’évènement autour d’une bonne table grecque. Non Lars, Zorba le mécano ne t’a pas roulé, enfin, pas trop ! .
La suite du voyage jusqu’à Athènes se déroula sans surprise, nous n’entendîmes point le chant des sirènes lors de notre arrêt à Ydra. Nous repartîmes, et tel Ulysse, Lars décidait d’affronter les éléments, s’exerçant seul aux prises de ris dans 30 nœuds d’un vent soufflant en rafales, comme il se doit en mer Egée, sous le vent des iles. Mieux valait être prévenu avant l’arrivée du Meltem en juillet.
Le Bateau, bien sûr est toujours meilleur que l’équipage, mais le nôtre bien que réduit, n’a pas manqué de talent dans tous les domaines…. .
Bon vent.
Bob F.

Posté le 17/10/2014 23:32:311201

Chouette!

Posté le 30/10/2014 20:30:24
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NonOui